• Générations Nature

Alleluia !

Elle fait partie de ces fleurs délicates qui s'épanouissent en sous-bois et qui préfèrent ainsi les ambiances tamisées par les arbres. Tout comme l'aspérule odorante que je n'ai pas vu en fleur cette année (le gros coup de neige début avril y est sûrement pour quelque chose), l'oxalis tapisse les sols forestiers du vert flamboyant de ses feuilles et de ses petites fleurs blanches et roses.


Ses propriétés rafraîchissantes lui auraient donné son surnom Alléluia car elle "coupe la soif", mais d'autres auteurs rattachent ce surnom au fait que l'oxalis fleurit à la période de Pâques (mais cette période peut varier beaucoup selon l'altitude !). Et ce n'est pas son seul nom : Surelle, oxalide, pain de coucou, oseille de bûcheron, oseille de Pâques, trèfle aigre, oseille à trois feuilles.


Description

Elle appartient à la famille botanique des Oxalidacées (dont le genre Oxalis est le seul représentant en métropole). Ses feuilles en forme de cœur font penser au trèfle et son acidité à l'oseille. En fait, le terme oxalis, d'origine grecque, signifie oseille. Il existe des variétés cultivables aux fleurs colorées, mais je ne parle ici que des plantes qui poussent naturellement autour de chez moi (avec l'altitude les périodes de floraison sont décalées dans la saison).


Oxalis acetosella

L'oxalis renferme beaucoup d'eau, du mucilage (composant déjà évoqué, notamment dans le tussilage) et une grande quantité d'oxalate de potasse, c'est à dire d'acide oxalique conjugué aux ions potassium.

Quelques précisions s'imposent au sujet de cet acide oxalique. On l'appelle également "sel d'oseille", on va le retrouver dans de nombreuses plantes telles que l'oseille bien sûr (le rumex, je vous en reparlerai), la rhubarbe, les épinards, la betterave, les petits fruits rouges ou encore le cacao et bien d'autres ; et il est donc présent dans les plantes de la famille des oxalis. Les oxalates sont également présents dans l'urine car ce sont des déchets issus du métabolisme - notre corps produit naturellement de l'oxalate (acide oxalique sous sa forme saline), et peuvent être responsables des calculs douloureux. Aujourd'hui l'acide oxalique est fabriqué de façon industrielle car on l'utilise comme décolorant en teinture, comme détartrant et pour éliminer les taches notamment de rouille.

Avec de telles propriétés son absorption semble donc déconseillée ! A fortes doses (dès 12g) l'absorption d'acide oxalique entraîne la mort rapidement. Ainsi, comme avec les alcaloïdes présents dans de nombreuses plantes, c'est la dose qui fait le poison.


Usages

Culinaire :

C'est le seul usage dont je parlerai, elle fut autrefois utilisée pour soigner le scorbut et certains la mentionne comme diurétique, et dépuratif mais d'autres plantes peuvent être plus judicieuses dans ces situations.

Bon sens en action, compte tenu de la présence d'acide oxalique, on évitera d'en faire salade au quotidien. Mais ponctuellement, l'oxalis amènera une petite note citronnée pour relever une salade verte classique, de l'avocat , pour relever un poisson, ou encore une salade de fraises.Moi j'aime bien l'utiliser ainsi, comme un aromate. Une autre utilisation sera de réaliser de la limonade, pour changer de l'habituelle limonade de citron ou du "Perrier rondelle".

Les randonneurs assoiffés découvriront les vertus rafraîchissantes de ses feuilles :-).


**Rappel**

Si vous vous lancez dans la cueillette de plantes sauvages, je vous invite à le faire avec humilité et surtout dans les règles de l'art en faisant attention non seulement à vous (en prenant connaissance des risques de maladies possibles et les précautions à prendre) mais aussi au biotope que vous fréquenterez : les plantes ne sont pas des générations spontanées, elles ne poussent pas non plus uniquement pour nous servir.

Enfin, méfiez-vous de l'auto-médication. Utiliser les plantes (et d'autres approches naturelles) ne signifie pas s'abstenir de toute consultation médicale. Et pour les posologies, les formulations, demandez conseil à un praticien avisé (herbaliste, naturopathe, phytothérapeute,)

Sources :

altheaprovence.com

Les plantes sauvages comestibles et toxiques, F. Couplan & E. Styner

wikipedia.org

Cueillettes de mémoires, histoires d'hommes et de plantes en Bauges et Chartreuse, Jardin du monde, Montagnes

6 vues

Posts récents

Voir tout