• Générations Nature

Le jeûne, stratégie d'adaptation

Pour comprendre le jeûne je vous propose une série d'articles, portant sur des faits observés ou des études scientifiques. Processus naturel chez beaucoup d'espèces, l'être humain en fait aujourd'hui une méthode, tantôt préventive, tantôt thérapeutique, ou encore diététique. Dans un monde parfait seule la prévention devrait exister. Le vivant a des propriétés résilientes, mais les modes de vie que nous avons adoptés ces dernières décennies sont de plus en plus toxiques. Alors l'humain invente des armes (Médicaments, antibiotiques, chimiothérapie, radiothérapie, … ) pour combattre les maladies qu'il a bien souvent lui-même contribué à développer. Et si une meilleure compréhension du jeûne pouvait faire évoluer radicalement nos comportements ?


Pour commencer cette série, revenons à l'observation de la nature. Et tout particulièrement d'un oiseau migrateur, qui pèse en moyenne 500g et qui est capable de parcourir, sans escale – et donc sans se nourrir, plus de 10000 km en 9 jours à travers l'océan pacifique. Il s'agit de la Barge rousse (Limosa lapponica - Bar-tailed Godwit). Ecouter : https://www.xeno-canto.org/281114. Ces longs vols migratoires supposent une adaptation du corps pour maintenir une activité physique intense, faire face à l'absence de sommeil, la déshydratation, et l'absence de prise alimentaire. Des études menées sur d'autres oiseaux migrateurs ont montré une forte réduction de la teneur en matières grasses après la migration, mais également une diminution de la masse maigre des tissus, avec des diminutions significatives dans différents organes, à l'exception du cerveau et des poumons. Le métabolisme de base se trouve réduit de presque 50%. Loin d'être délétères, sans quoi il n'y aurait probablement pas de migration, ces réductions d'organes peuvent être une adaptation cruciale pour le vol longue distance chez les oiseaux.

Références : Battley P.F, Piersma T, Dietz M.W, Tang S, Dekinga A& Hulsman K. 2000, Empirical evidence for differential organ reductions during trans-oceanic bird flight. Proc. R. Soc. B. 267, 191–195.doi:10.1098/rspb.2000.0986.

Robert E. Gill Jr, T. Lee Tibbitts, David C. Douglas, Colleen M. Handel,Daniel M. Mulcahy, Jon C. Gottschalck, Nils Warnock,Brian J. McCaffery, Philip F. Battley and Theunis Piersma 2009, Extreme endurance flights by landbirds crossing the Pacific Ocean:ecological corridor rather than barrier? Proc. R. Soc. B, 276, 447–457, doi:10.1098/rspb.2008.1142

  • Facebook - Gris Cercle
  • Gris LinkedIn Icône
  • Gris Facebook Icône